mardi 13 février 2018

"Le mariage du diable" - Dessin à l'encre réhaussé à l'aquarelle sur papier

On nous annonce la belle vente d'un dessin original à l'encre réhaussé à l'aquarelle : "Le Mariage du Diable", par Albert Robida - Format 25 x 19.

La vente aura lieu le samedi 24 février 2018 à 9h30
à l'Hôtel des Ventes de Saint-Malo,
par Maître Stéphane Prenveille
14 A, rue de la Croix Desilles - 35400 Saint-Malo.

Le lot est visible sur le site d'Emeraude Enchères (lot 220) :


« Le Mariage du Diable », écrit et illustré par Albert Robida, est paru dans Le Rire du 20 avril 1912.


Le Mariage du Diable
 
Le diable, un jour, tomba éperdument amoureux d’une jeune fille blonde et charmante et il voulut l’épouser. Cela se passait il y a longtemps, à Eguisheim en Alsace.

Naturellement, Satan ne pouvait avoir fait connaissance de la demoiselle à l’église en lui offrant l’eau bénite. C’était ailleurs, en quelque sabbat, car elle était tout simplement la fille d’une sorcière.

— Se marier ! Quelle imprudence ! déclara tout l’enfer d’une seule voix.

En dépit des respectueuses remontrances de sa cour et des fâcheux pronostics de ses amis, Satan fit la demande officielle.

Ce fut un grand mariage. La noce se fit à minuit dans le vieux château abandonné. Il y avait tout le beau monde du sabbat, toute la cour infernale. Et quel festin ! Un gala, préparé par les cuisines de l’enfer, avec les grandes chaudières, les lèche-frites et les rôtissoires à damnés. Puis, loin des importuns, au fond des vieilles tours qu’il avait somptueusement meublées, Satan s’oublia dans les délices de la lune de miel et il négligea ses devoirs. Elle était charmante, la fille de la sorcière, sorcière elle-même, mais d’une espèce plus dangereuse. Quel sourire ! quels yeux, mais aussi quels sourcils autoritaires ! Satan aurait dû se méfier de la sirène. Perpétuellement occupé à jouer de la guitare à ses pieds ou à lui rimer des sonnets, Satan s’affadissait. Comprend-on un diable langoureux, un joli muguet cornu roucoulant en pâmoison devant sa belle ? La dame eut vite fait de rogner ce qui lui restait de griffes.

Si l’enfer périclitait, le monde aussi se mit à marcher de travers. Tous les désordres en quelques mois. Scandales et abominations en cataractes, tous les crimes débridés, un tas de vilaines choses. Le terrible gardien de la morale publique, si ponctuel à punir et réprimer, l’antique défenseur et vengeur de la vertu, Satan, fonctionnaire en grève, n’était plus là ! Et les employés de son administration, les sous-diables et vice-démons, abandonnés, fatigués d’attendre, lâchèrent tout et se précipitèrent à la recherche de nouvelles positions sociales. Ce n’était pas pour arranger les choses ; tout dégringola de mal en pis comme vous savez, et ces gaillards achevèrent de nous tarabuster l’existence…

Il y a juste quatre cents ans de cela. Satan est toujours dans sa ruine. Sa lune de miel dure-t-elle encore ? Je ne le pense pas, car les passants attardés dans les sentiers prétendent l’entendre souvent hurler et se disputer, ou même gémir lamentablement au fond des tours d’Eguisheim dont toutes les vieilles pierres frissonnent tandis que la lune roule des yeux effarés.

Merci à Fabrice Mundzik et à l'Amicale des Amateurs de Nids à Poussière pour ce texte.

Ce qui restait des Tours des trois châteaux d'Eguisheim vers 1900.
 

Les Cartes Postales illustrées par Albert Robida - 1ère partie

Albert Robida…
Un illustrateur « très » complet !


Albert Robida, on ne s’en étonne même plus, est un artiste illustrateur très complet. Il a touché pratiquement à tous les sujets et surtout à tous les domaines de l’illustration, et par conséquent, à tous les médiums permettant de diffuser ses dessins.

Alors, à quand remonte la première carte postale illustrée par Robida ?

Il semble que la réponse ne soit pas aisée. Petit retour rapide en arrière, sur l’histoire de la carte postale.
Si les premières voient le jour dans les années 1870 en France, c’est en 1873 que les magasins A la Belle Jardinière osent reproduire au recto de ces cartes de petites gravures de leurs magasins de la Rue du Pont-Neuf.


Carte postale de 1870, par ballon monté.

Mais il faudra attendre 1889, et la fameuse Exposition universelle pour voir l’avènement de la carte postale illustrée, et son succès, grâce à la Tour Eiffel.
En effet, à la demande des visiteurs de l'Exposition, l'administration de la Tour met en vente les fameuses cartes du dessinateur et sculpteur Léon Charles Libonis.
Cette carte a été imprimée à 300 000 exemplaires, au premier étage de la tour, par la Société de la Tour Eiffel.
L'oblitération la plus ancienne représentant la Tour Eiffel est datée du 21 août 1889.
Les ventes n'ont commencé que 3 mois à peine avant la fermeture de l'Exposition, mais se sont poursuivies ensuite.

Carte postale «Libonis», éditée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889 à Paris.

Nous connaissons l’attirance d’Albert Robida pour les Expositions… Il n’a pu qu’être le témoin intéressé et passionné de la diffusion de cette première carte postale illustrée française.
Cela lui a-t-il donné l’envie de voir y figurer ses illustrations ?
On peut imaginer que oui, et même se laisser aller à lui prêter la remarque suivante :
« voilà un autre support à recouvrir de mes dessins ! »

Entrons au cœur du sujet…

Deux ans à peine après la sortie de cette carte de la Tour Eiffel, Albert Robida publie Mesdames nos aïeules en 1891 à la Librairie Illustrée. On sait que les 29 Hors Textes de l’ouvrage ont fait l’objet de cartes postales en couleur.
Mais ce qu’on ne sait pas, c’est si cette série de cartes est réellement contemporaine de l’ouvrage.
Il est un fait qu’en 1891, les cartes postales illustrées sont encore très rares !


Liste des 29 cartes postales « Mesdames nos aïeules » :
- Toilette de bal, Restauration
- Noble dame, fin XIVème siècle
- Robe et houppelande historiées, XVème siècle
- Châtelaine, milieu du XVème siècle
- Dame sous Charles VIII
- À la cour du roi chevalier
- Sous Henri II
- Dame du temps de Charles IX
- Toilette de cour Henri III
- Grande toilette Médicis
- Dame Louis XIII
- Fin du règne de Louis XIII
- À la cour du roi Soleil
- Sous le grand roi - fin du XVIIème siècle
- Sous la Régence
- Toilette de cour Louis XV
- Parisienne sous Louis XV
- Grands paniers Louis XVI
- Chapeau à la bonnette
- Promenade parisienne fin XVIIIème siècle
- Merveilleuse en tunique à la grecque
- Merveilleuse du Directoire
- Toilette Premier Empire
- Parisienne en 1810
- Costume de ville vers 1815
- Une élégante aux Champs-Elysées - Restauration
- Robe d'intérieur 1830
- Parisienne 1835
- Modes de plage 1864


A suivre...

mercredi 3 janvier 2018

L'éducation Physique, par Albert Robida

Les fêtes de fin d'année sont maintenant derrière nous ou presque, même s'il nous reste encore la galette des rois. Mais après les agapes, il est peut-être temps de retrouver la ligne et la forme. Il m'a semblé approprié de publier cette page extraite de La Caricature n°484 d'avril 1889 : La Réforme des Collèges et Lycèes - L'Education Physique.

En 1888 se réunit à Paris le "Comité pour la propagation des exercices physiques dans l'éducation", sous la présidence de Jules Simon, dont le but est de créer un mouvement sportif dans les lycées et collèges de France ; en 1889 s'ouvre le "Congrès des exercices physiques"; l'année suivante, Pierre de Coubertin publiera la Revue athlétique destinée à établir chaque mois un contacts entre sportifs et intellectuels... (in Pédagogie sportive par Pierre de Coubertin. Librairie J. Brin, Paris 1972)

Cours ambulants
Naturellement les professeurs font leurs cours en courant, ainsi que le veut l'étymologie si longtemps méconnue par l'Université.
Cours à travers champs, avec obstacles.
 


Les arides mathématiques, si ennuyeuse autrefois, deviennent un vrai plaisir. On s'en occupe au moment du billard. Progrès rapides. Personne ne recule devant les théorèmes ou les carambolages les plus ardus.
Bocks et cigares pour les bonnes notes.


Aspect d'une classe de lycées depuis le nouveau système faisant marcher ensemble l'éducation physique et l'éducation intellectuelle.

Coursde géographie
Le vrai système; récitation d'une leçon à coups de pied.

Nouvel uniforme des potaches
Il y a encore des cancres incorrigibles qui ne mordent pas aux nouveaux exercices et restent fourrés le nez dans les livres, ceux-là seront retoqués au bachot.


- M'sieu, j'ai fait une demi-heure de français ce matin entre les haltères et le saute-mouton, c'est du surmenage intellectuel, je demande un supplément de biftek !

Robida a encore une fois le mot de la fin, qui semble dire : "en France, tout se termine par un bon repas..." et on note que sur la table, ce ne sont pas des bouteilles d'eau !

lundi 1 janvier 2018

Pour une Bonne Année 2018, avec Albert Robida... bien sûr !!

L’Association des Amis d’Albert Robida vous souhaite à toutes et tous une très belle année 2018, que tous vos vœux soient exaucés !
 


Et comme pour donner raison au n°24 du Téléphonoscope, dont le thème était Robida et les techniques d'impression, le visuel de notre carte de Bonne Année 2018 reprend une des illustrations de la Nef de Lutèce, petit ouvrage illustré par Albert Robida, édité à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900 à Paris, et qui représente un des premiers ateliers d'imprimerie ! En attendant bien sûr le n°25, dont le thème a été arrêté lors de notre dernière assemblée générale de décembre, et dont la rédaction des premiers articles devrait commencer sous peu.

lundi 27 novembre 2017

Assemblée générale de l'Association... samedi 2 décembre 2017

L'Assemblée générale de l'Association des Amis d'Albert Robida aura lieu le samedi 2 décembre 2017 de 16h30 à 19h à l'Hôtel de Massa, 38, rue du Faubourg Saint-Jacques. Paris 14e.
La réunion du Conseil de l'Association précèdera cette Assemblée et débutera à 15h.



Outre les débats concernant nos projets et réalisations, le Téléphonoscope nouveau consacré à Robida et les techniques d'impression sera distribué aux personnes présentes en deux exemplaires.

  1. Editorial, par Eric Blanchegorge et Dominique Lacaze
  2. Images imprimées et conditions techniques, du XVe au XIXe par Michel Thiébaut
  3. La Reproduction des dessins de Robida dans les publications destinées à un large public par Michel Thiébaut
  4. Robida et l’édition pour bibliophiles par Michel Thiébaut
  5. Les cartonnages à plat historié d’Albert Robida par Jean-Luc Buard
  6. De quelques belles images.
  7. Exposés (à partir de 18H) : Robida et les techniques d'impression par Michel Thiébaut. Robida et l'Expo 1889 par Laurent Antoine
Le tout suivi d'un Pot amical et d'un repas au restaurant.

Téléphonoscope n°24 - Robida et les techniques d’impression

Robida et les techniques d'impression


(48 pages) 91 illustrations


Sommaire :

  1. Editorial, par Eric Blanchegorge et Dominique Lacaze
  2. Images imprimées et conditions techniques, du XVe au XIXe par Michel Thiébaut
  3. La Reproduction des dessins de Robida dans les publications destinées à un large public par Michel Thiébaut
  4. Robida et l’édition pour bibliophiles par Michel Thiébaut
  5. Les cartonnages à plat historié d’Albert Robida par Jean-Luc Buard
  6. De quelques belles images.

Bulletin des amis d'Albert Robida
Novembre 2017 - numéro 24


Auteurs : Jean-Luc Buard, Michel Thiébaut.

Robida et les techniques d'impression

    Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Robida a été confronté à une évolution rapide des procédés de reproduction, principalement au développement de la photogravure.
On a pu alors obtenir des tirages importants à moindre coût et aussi mêler facilement le texte et l’image. Le rôle de Firmin et Charles Gillot est alors essentiel. D’autre part, à la fin du XIXe siècle, la photogravure permet un traitement efficace des couleurs. Or peu d’articles traitent de cette période très importante dans l’histoire de l’imagerie, où l’illustration révolutionne toute la communication.


Dessin original au crayon lithographique sur papier report pour une illustration de : Le Cœur de Paris (éd. La
Librairie Illustrée, 1896, p. 193). « Le palais sous la révolution ». Col. M. François.

    Mais Robida a aussi pratiqué les procédés antérieurs de gravure, même assez tard dans son œuvre, pour des éditions de luxe. Michel Thiébaut qui a élaboré l’essentiel de ce numéro a donc été amené à traiter l’ensemble des techniques d’impression : gravure sur bois de fil, sur bois debout, eau forte, lithographie… jusqu’à la chromotypographie. Cette étude au champ très vaste doit permettre de mieux apprécier l’œuvre de Robida, mais aussi celle des grands illustrateurs de l’époque que sont Granville, Gustave Doré, Daumier…


    Beaucoup de livres de Robida sont remarquables par leurs cartonnages qui interviennent à une époque où ils contribuent fortement à l’attrait des livres. Une étude de Jean-Luc Buard, qui est le spécialiste du genre, permet de les situer dans ce brillant contexte. Et là encore, Robida innove.


Eric Blanchegorge & Dominique Lacaze


Site Association des Amis d'Albert Robida : http://www.robida.info

Bon de Commande

Cartonnage pour L'Île des centaures, texte et dessins de A. Robida. 124 pages. Ed. H. Laurens, Paris.

mardi 7 novembre 2017

Un curieux Pierrot ! par Robida... ou pas ?

On vient juste de nous signaler la vente prochaine (12 novembre), d'une gouache et aquarelle sur papier, d'un format de 47 x 33 cm, un Pierrot attribué à Albert Robida.


Comment pourrait-il en être autrement ? Puisque la signature en bas à droite semble l'attester !

Mais on est rapidement surpris par plusieurs détails, déjà le format, et le style de ce dessin, sans vouloir affirmer tout connaître de Robida - et on sait ô combien son trait a évolué de ses débuts en 1867 jusqu'à la fin de sa vie en 1926 - mais il faut avouer et reconnaître que ce dessin n'évoque pas du tout la "patte" de Robida. Que ce soit le tracé, au pinceau baveur et tremblotant, alors que Robida est plutôt adepte du trait fin, précis et nerveux, que ce soit au niveau de la technique d'aquarelle, ici fort grossière alors que même dans ses dédicaces aquarellées, Albert Robida nous offre une fine de colorisation qui fait passer ce Pierrot pour un brouillon.

On connaît le Pierrot que Robida a illustré dans l'ouvrage de Jérôme Doucet (Mon ami Pierrot, 1913), l'interprétation en est bien différente... Et Albert Robida n'oublie à priori pas, les gros boutons sur le plastron de ses amis Pierrot !!

De même, en regardant de plus près la zone du visage et du masque, on remarque le tracé de l’œil, qui n'évoque pas du tout le dessin de Robida, au même titre que sa main droite, pour le moins malhabile. Il me semble que même dans ses croquis rapidement exécutés, Albert Robida faisait des choses beaucoup plus harmonieuses.

Alors bien sûr, on remarque la signature, qui laisse à penser qu'il s'agit bien d'une œuvre réalisée par Albert Robida, celle-ci est vraiment très similaire, mais semble cependant avoir été tracée avec application mais timidité. Et habituellement, le b et le i de Robida sont beaucoup plus détachés.


On note aussi, au-dessus de la signature, le curieux cachet d'une tête de cheval dans un fer... Ex-libris ? marquage d'un libraire ? 
Il semble qu'il y ait un autre petit tampon en bas à gauche, mais dont on ne distingue pas les détails.

Alors ? Vrai Robida ou pas ?
Si quelqu'un connaît la réponse, nous sommes bien sûr preneur ! Merci d'avance.
Sincèrement, j'espère me tromper, et pouvoir apprécier le fait d'avoir découvert une nouvelle œuvre d'Albert Robida.

A voir :
ETUDE DE PROVENCE - Contenu d'une bastideDimanche 12 novembre à 14h30 à Marseille

Lien vers la page sur le site interenchères

mardi 24 octobre 2017

Un Chalet dans les airs... Réédition par la BnF !

Une nouvelle collection, Les Orpailleurs, à la BnF

Les éditions de la BnF continuent d’explorer de nouveaux horizons et lancent une collection de littérature. Des textes surprenants, visionnaires, aux confins de la littérature de genre, mêlant l’excitation de la découverte au plaisir de la lecture, des pépites littéraires injustement oubliées réunies dans une nouvelle collection : « Les orpailleurs ».


Un Chalet dans les airs
Albert Robida, présentation de Roger Musnik

Au XXXe siècle, notre planète est en proie à une gigantesque catastrophe écologique. Il faut urgemment entreprendre d’immenses travaux de restauration. Accompagné de ses deux neveux, M. Cabrol fuit la capitale et se lance dans un incroyable tour du monde à bord d’une maison volante équipée de merveilles de la technologie. Leurs péripéties les entraînent des plages de Polynésie à la cohue new-yorkaise, entre chute de météorites et batailles de monstres préhistoriques… Dans ce récit, Albert Robida se livre à un plaidoyer écologique avant l’heure, ainsi qu’à une critique féroce de la société occidentale. Drôle et caustique à la fois, l’un des plus talentueux précurseurs du roman d’anticipation à la française reprend une partie de la structure narrative vernienne, notamment le thème du voyage ponctué d’étapes plus ou moins agitées et truffé d’inventions visionnaires.

(pas d'illustrations... dommage...)

mercredi 11 octobre 2017

Albert Robida et Hector Guimard...

Bruno Montamat, dans son article consacré à l'architecte Art nouveau Hector Guimard évoque, entre autres, l'influence des dessins et des écrits d'Albert Robida sur ses créations.

Cet article vient de paraître dans la revue "Romantisme" (n°177) édité chez Armand Colin.

AUTEUR(S) Bruno Montamat
Les cercles artistiques, littéraires et philosophiques d’Hector Guimard, « architecte d’Art »
Résumé :
L’historiographie de l’Art nouveau français a, faute d’archives privées, souvent présenté l’architecte Hector Guimard, pionnier de ce mouvement artistique aussi éphémère que singulier, comme un génie solitaire voire incompris, en retrait des courants littéraires et philosophiques de son temps. La découverte de son appartenance durant sa jeunesse à un cercle de relations frondeuses et idéalistes, représentatives de l’esprit fin-de-siècle, modifie la perception du personnage comme l’étude de ses créations architecturales. Lié à des personnalités aujourd’hui oubliées de la bohème montmartroise (Bans, Straus, Alcanter de Brahm) et à leur modeste mais ambitieuse revue, La Critique, le jeune architecte se retrouva soutenu et encouragé dans ses recherches plastiques pour une Renaissance des arts français. Au-delà de l’enrichissement biographique, leur apport ouvre de nouveaux champs de recherche par la prise en compte de l’influence des théories occultistes ou des romans d’anticipation dans l’élaboration du « style Guimard », expression unique, dans l’histoire de l’art, d’application de l’énergie du flux végétal à l’architecture et aux arts décoratifs.


Romantisme n° 177 (3/2017) - 144 pages - 20 €

...et question à l'auteur : Robida se serait-il inspiré de Guimard pour sa fameuse Rue Modern Style, parue dans l'Album de 1902, chez Tallandier ?

 

mercredi 27 septembre 2017

La Truie qui File... plaque en bronze du Vieux Paris d'Albert Robida

Retour au Vieux Paris... il est vrai qu'on y revient régulièrement !

Cette fois-ci, c'est une belle plaque en bronze qui est en vente sur Ebay. D'un beau format, elle représente une des enseignes présentes au Vieux Paris.

A l'enseigne de la Truie qui file, le bas-relief qui orne cette plaque-médaille-enseigne montre une truie assise, tenant une quenouille dont elle tire un fil.

Cette figure est visible dans le Guide Historique, Pittoresque & Anecdotique du Vieux Paris d'Albert Robida, en page 45.

Près de 22 cm de long, pour une largeur de 12 cm et une épaisseur de 1 cm, c'est un bel objet en fonte qui pèse quand même près de 3 kg !

Hélas le prix de vente de cette belle pièce de collection n'est pas des plus tendres avec nous... d'autant qu'une plaque identique a été vue en salle des ventes l'année dernière, 6 fois moins chère. Le côte de notre cher auteur serait-elle en train de crever le plafond ?

En tout cas, cela reste une très belle plaque à même de ravir les amateurs du Vieux Paris, pourvu qu'ils aient bourse pleine !


http://www.ebay.fr/itm/Unique-ALBERT-ROBIDA-La-Truie-file-Bronze-Vieux-Paris-Expo-1900-/302468137611?hash=item466c81828b

Page 45 du Guide du Vieux Paris.

mercredi 6 septembre 2017

Albert Robida fait la couverture de... ... "Le monde du vingt-cinquième siècle"

Le Monde du vingt-cinquième siècle, par Charles Kymrell, sera publié chez Les Moutons Électriques le 22 septembre 2017. Illustration de couverture : Albert Robida.
Dirigé par Fabrice Mundzik.

Publié en feuilleton en 1898, Le Monde du vingt-cinquième siècle, de Charles Kymrell, vous est proposé pour la première fois en volume.

Les idées foisonnent, dans ce récit exceptionnel : politique, morale, culture, science, armement et économie sont autant de thématiques brillamment abordées par l’auteur.

En l’an 2400, l’Europe est unifiée, de la France aux frontières de l’empire de Chine — les États-Collectifs sont dirigés par les quarante membres du Conseil Suprême ; la Grande-Bretagne est rattachée au continent par un pont gigantesque ; la police utilise des « Taser », l’armée des missiles téléguidés ; un vaste réseau de vidéo-caméras surveille les territoires ; les Européens voyagent en « train-éclair », « ballon fusiforme » ou bateau sous-marin, propulsés grâce à de puissants accumulateurs électriques ; il existe une langue internationale : le « parler universel » ; la photographie en relief, et en couleurs, est devenue courante ; les travailleurs utilisent des exosquelettes ; de gigantesques usines d’agroalimentaire nourrissent l’ensemble des habitants et l’invisibilité est désormais une réalité ! Influencé par Albert Robida, auquel il emprunte le « Téléphonoscope », Le Monde du vingt-cinquième siècle est un roman visionnaire qui obtient enfin, 120 ans après sa parution, une véritable reconnaissance, ainsi qu’une place méritée auprès des meilleures anticipations de la fin du XIXe siècle.


lundi 4 septembre 2017

Pub Urodonal en 1919, par Robida

Albert Robida, on le connaît protéiforme dans ses œuvres, il était tout autant éclectique quant aux sujets et supports reproduisant ses dessins.

Dans un style que nous lui connaissons bien, il signe la truculente scène ci-dessous, publicité ventant les mérites de l'Urodonal, dans le journal L'Illustration du 14 juin 1919. Cette médication presque "magique", qui se propose de "laver le sang", comme nous pouvons le lire dans d'autres publicités de la marque, a été déposée en 1907 par le Docteur Lucien Graux. Il était produit par les établissements Chatelain à Paris.



mercredi 14 juin 2017

Valérian et Laureline en mission pour la Cité... des Sciences...

Du 13 juin 2017 au 14 janvier 2018, une exposition à la Cité des Sciences à ne manquer sous aucun prétexte !

© Jean-Claude Mézières et Pierre Christin pour la Cité des sciences et de l’industrie 


L'exposition "Valerian et Laureline" inspirée de la série de BD signée Mézières et Christin a ouvert ses portes le mercredi 13 juin à la Cité des sciences et de l'industrie.

Parmi les figures inspiratrices qui soufflent sur cette épopée intergalactique qui fête ses 50 ans, est présenté Albert Robida... bien sûr !


Commencée il y a cinquante ans, la série Valérian et Laureline créée par Pierre Christin, scénariste et Jean-Claude Mézières, dessinateur s’est imposée comme une œuvre engagée dans son temps et majeure dans la science-fiction.

Les deux héros, Valérian et Laureline sont des agents du Service Spatio-Temporel de Galaxity, capitale de la Terre du 28e siècle. Au cours de leurs périples, ils parcourent l’Univers et le temps, découvrent d’incroyables civilisations extraterrestres et rencontrent des personnages pittoresques et des formes de vie aussi diverses que luxuriantes.

Les thèmes de la saga se révèlent d’une intuition surprenante et demeurent très actuels : il y est question de la conquête spatiale, de la colonisation, du racisme, des catastrophes écologiques et nucléaires, du changement climatique, des totalitarismes, des effets de la mondialisation…





Enrichie de réalité augmentée pour une visite plus immersive, l’exposition dévoile une quarantaine de planches originales, et présente les points de vue de trois scientifiques. L’astrophysicien Roland Lehoucq, le géographe Alain Musset et le paléontologue Jean-Sébastien Steyer posent ainsi leur regard sur l’Univers, les civilisations, la faune et la flore, les enjeux sociopolitiques tels qu’imaginés par les créateurs.


Lire +



Du 13 juin 2017 au 14 janvier 2018.
Ouvert du mardi au mercredi de 10h à 18h, le dimanche de 10h à 19h. Fermé le lundi.
Plein tarif : 12 euros
Tarif réduit : 9 euros.
Le billet donne accès à l'ensemble des expositions d'Explora, au Planétarium, au sous-marin l'Argonaute et au cinéma Louis-Lumière.
A partir de 9 ans.
En français, anglais et italien.
Explora, niveau 1.
Surface : 300 m².

jeudi 1 juin 2017

Noyon 1919, aquarelle sur papier

En ce moment, sur le site interencheres, une très belle aquarelle sur papier d'Albert Robida, représentant les destructions de Noyon en 1919.

Au format 26 x 36 cm, une dédicace se trouve en bas à droite :

à monsieur le docteur Desmaretz
son très reconnaissant
A. Robida
1915 - 1925


mercredi 31 mai 2017

Carte postale Mystère !

Lors de la précédente assemblée générale de l'Association des Amis d'Albert Robida, Laurent Antoine nous proposait une intervention sur les Cartes Postales illustrées par Robida.
Dans cette cartoliste se trouvent plusieurs cartes qui laissent quelques interrogations, quant à une possible série, ou la raison de leur édition.
Il en est une également, qu'aucune personne présente ce jour-là n'aura pu identifier !

Il s'agit de la carte ci-dessous, qui semble représenter La Geste de Roland... Charlemagne est là aussi.
De part le format, et les réserves blanches en bas et à droite, ce dessin a sûrement été édité dans un ouvrage... mais lequel ??

La carte a été éditée chez P. Grange & Cie de Lyon.

Y aura-t-il un lecteur à même de nous renseigner ? en tout cas, merci d'avance pour toute information !


jeudi 18 mai 2017

Le Vieux Paris d'Albert Robida à l'Expo 1900... en Couleur...

On en reparle régulièrement, et pour cause, le Vieux Paris reconstitué à l'Exposition universelle de 1900 à Paris par Robida a été une réussite et un succès incontournable de cet événement, qui à reçu pas moins de 51 millions de visiteurs !

On imagine la surprise des visiteurs, débarquant au Pont de l'Alma, à la découverte de ce Vieux Paris qui s'étendait sur 260 mètres de longueurs, jusqu'à la passerelle DeBilly !

Pour terminer de s'en convaincre, voici deux magnifiques plaques de verre colorisées, qui nous rendent parfaitement l'ambiance et l'aspect de cette reconstitution qui fut l'un des clous majeurs de cette Exposition de 1900.

Tout d'abord la Porte St Michel, l'entrée amont du Vieux Paris, au XIVe siècle. Bien sûr, la visite était payante, d'où les guichets situés à l'entrée. Comme beaucoup de choses à l'époque, les tarifs variaient en fonction des jours, mais aussi de l'heure de la journée.
Certains visiteurs traversaient pour le plaisir le Vieux Paris, qui représentait un agréable raccourci pour rejoindre le Champ de Mars, en empruntant la sortie aval du Vieux Paris, qui permettait de traverser la passerelle DeBilly et de déboucher sur la rive gauche dans le Palais des Armées de Terre et de Mer.


Cette second vue est prise dans la quartier moyen-âge, avec façades en front de Seine. Il s'agit de la Rue des Vieilles Ecoles, avec ses demeures de parisiens célèbres.
De gauche à droite, on trouve la Tour du Collège Fortet, la Maison de Théophraste Renaudot, la Maison de Nicolas Flamel, le célèbre enlumineur, et la Maison de Molière avec son poteau cornier.
Et sur la droite le Restaurant du Pré aux Clercs.

Bonne balade aux Vieux Paris !


mercredi 26 avril 2017

Original de Robida... dans Thélème (de Maurice Chevais)

Vu en ce moment sur Ebay, un rare exemplaire de Thélème, par Maurice Chevais... et richement illustré par Robida !


...et surtout un dessin original de Robida, à la plume ! (id. p172)


...sans oublier un autographe de Maurice Chevais, en date du 30 janvier 1936, à Monsieur Rossi.



Le prix demandé nous semble un peu élevé, mais n'hésitez pas à aller faire une offre :


Thélème. Un prologue et quatre actes. 60 illustrations de Robida.
‎Albert Messein, éditeur. 1920. Grand in-8° broché. Couverture illustrée par Robida. 190 pages. E.O.
1a 40 sur papier verge d'arches avec dessin original de A Robida
1/600 sur vergé bouffant.‎Reliure avec couverture conservee. 

lundi 24 avril 2017

Elections ? On prend les mêmes… et on recommence !

Les Grands Jours de la Vie, par A. Robida.

Rien ne change en politique, Albert Robida pourrait en témoigner !

… Grand succès, j’ose le dire… je suis seulement traité de voleur et de crapule, et accusé d’avoir, dans ma jeunesse, détourné des fonds à moi confiés, ainsi qu’une demi-douzaine de mineures… je ne reçois que divers trognons et un petit banc sur la tête, j’ai visiblement la faveur de mes électeurs, je serai nommé !



Et bien sûr, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ayant existé, ou à venir, ne saurait être que fortuite… ou pas !

mardi 11 avril 2017

Connaissez-vous le Vautour de Prusse ?

Dans la très grande "production" d'Albert Robida, Le vautour de Prusse est certainement assez atypique. Il se situe au carrefour de nombreux styles : portefolio de lithographie, pamphlet dénonçant les exactions allemandes, livre d'histoire, essai, recueil de caricatures... son format d'album In-Folio n'est pas sans rappeler la série sur les Villes Martyres, parue fin 1914, juste après les premiers crimes teutons.

Edité par G. Bertrand en 1918, c'est un grand album de 64 pages, à la sobre couverture grise et un peu triste, il renferme pas moins de 110 illustrations en N&B dans le texte, et surtout, 16 magnifiques HT couleur tirés à part... 1 par chapitre !

Je laisse la présentation de cet ouvrage à l'écrivain Georges D'Esparbès, qui en a rédigé le prologue :

Ma très ancienne et toujours renaissante admiration pour Robida et aussi peut-être ma réputation de "tambour" que je dois à quelques épithètes sonores, me valent le grand honneur de présenter aujourd'hui un nouveau livre de cet artiste génial.
Les hommes de ma génération de rappellent des beaux dessins inspirés qui nous présentaient, voici déjà quarante ans, la guerre future à peu près telle que nous la voyons de nos jours.
Bien avant les inventeurs, ce Visionnaire avait deviné les gigantesques batailles du « dessus » et du « dessous » ; avec une audace inouïe, sa plume nous traçait des silhouettes étrangement précises d’avions et de sous-marins mystérieux, qui sont à l'heure présente devenues des réalités.
Même s’il osait nous les faire voir en action, au fort des combats, plongeant, s’élançant, opérant leurs réactions d’après une méthode pareillement imaginée, dont les commissions techniques semblaient s’inspirer plus tard. Si l’on confrontait ces vieux dessins avec les photographies prises aujourd’hui sur la ligne de feu, l’on serait saisi d’étonnement, l’on éprouverait un sentiment d’admiration mêlé de crainte, comme devant l’œuvre du prophète.
Ces dons prophétiques, nous les retrouverons dans ce nouvel ouvrage. Mais, direz-vous, il s’agit ici d’une évocation du passé ; où serait la divination ? Elle sera partout, car on ne prophétise pas seulement le futur. C’est prophétiser encore que d’explorer le passé avec des vues nouvelles. Le prophète est surtout un Explorateur. Montrer les causes décèle une divination plus subtile que d’annoncer les effets. La patrie blessée a interrogé le devin, lisons sa réponse.

Le chapitre le plus impressionnant de cet ouvrage, consacré à la Kultur allemande, a réveillé en mois quelques sentiments personnels que l’auteur et ses lecteurs me pardonneront de publier ici même.
Par son texte serré, plein, nombreux, et par les admirables dessins qui le commentent, Robida nous explique la prussianisation de l’Allemagne, qu’un hideux troupeau d’universitaires a conduite au bord du gouffre où incessamment elle va trébucher et mourir ; et il note comme premiers responsables Frédérick Ier et Frédérick II. A mon avis, c’est surtout le deuxième qui a fait le mal.
...   ...
Et maintenant ouvrez le livre de Robida.
Le Recteur du collège des Augures, d’un crayon illuminé, a représenté pour nous les causes tragiques de cette guerre. Devant les entrailles palpitantes, il va découvrir les assassins, il va parler…
Ecoutons-le.
Georges D’ESPARBES - Palais de Fontainebleau – Cour des Adieux


Ce n'est bien sûr qu'une petite partie de ce prologue. Nous continuons avec le premier chapitre, qui va camper le décor, et s'intéresser aux origines de ce mal germanique.
 

Table des Chapitres :
  • Préface - p.5
  • Le Vautour de Prusse - p.9
  • I. Le Nid du Vautour - p.10
  • II. Le Burgrave de Nuremberg - Le Vautour s'engraisse - p.12
  • III. Les plaisirs du Concile - p.14
  • IV. La Marche de Brandebourg - Première rencontre du Vautour et des Bismarck. - Le premier canon - p.17
  • V. Le Vautour s'arrondit - p.19
  • VI. Orages et tempêtes - Retour de chance - Le Vautour monte en grade. - La Dame blanche - p.21
  • VII. L'armée du Roi-Sergent et sa garde de grenadiers géants. - La Kultur-Schlaque - p.23
  • VIII. La haute fortune du Vautour - p.28
  • IX. Le Vautour houspillé par l'Aigle - p.32
  • X. La Vautour digère. - Le Vautour Médite. La Kulture-Mensonge - p.34
  • XI. Prussification. - Organisation. - Préparation - p.38
  • XII. La Kultur-Krupp - p.42
  • XIII. Organisation. - Utilisation. - Mobilisation - p.46
  • XIV. Le Signal - p.48
  • XV. La Mort Allemande - p.52
  • XVI. L'Explosion - p.57

LE VAUTOUR DE PRUSSE



En l'année de sang et de carnage 1915, où le Vautour Hohenzollern au bec sanglant, put, d'un bout à l'autre de l'Europe transformée en charnier, se gorger à discrétion de chair saignante et pantelante, il y eut juste cinq cents ans que la fortune des Hohenzollern prit son essor définitif, cinq cents ans que le Vautour parti du rocher de Zollern, maigre et sec, plumes hérissées, griffes et bec tendus, l'œil brillant d'âpres convoitises, dirigea son vol vers le Brandebourg, vers les proies à venir, vers des destins plus hauts et plus larges, pour le plus grand malheur de tous les peuples d'Europe.
Et ce cinquième centenaire, il le célèbre à sa façon, dans une orgie satanique de flammes, de bombes, de torpilles, de gaz toxiques, a' acides et d'explosifs, martyrisant le cadavre de la Belgique assassinée, chantant le Te Deum de Wotan avec ses canons de 420 sur les cathédrales écroulées, broyant les peuples, déshonorant la guerre elle-même, coulant, les transatlantiques américains comme les simples chalutiers neutres ou les navires hôpitaux de la Croix-Rouge, fusillant, pillant, volant, violant, des plaines de Champagne aux marais de Pologne, des sommets alpestres ou vosgiens aux montagnes serbes et bulgares, des sables pharaoniques aux palmiers de Bagdad et aux gorges du Caucase.
Mais le poing du Destin va s'abattre enfin, et le châtiment suprême s'annonce pour le Vautour au bec sanglant.

 

LE NID DU VAUTOUR

 
Le nid primitif du Vautour, l'aire natale, le vieux burg de Zollern, s'érigeait au sommet d'une montagne de 800 mètres, Hobenzollernberg, sur un cône de rochers abrupts surgissant au-dessus des forêts, au centre d'une très minuscule principauté enclavée dans le Wurtemberg, à mi-chemin entre Stuttgart et Constance.
Du haut de son burg juché sur l'extrême pointe du rocher, le burgrave dominait les plaines au loin, il surveillait 'les routes et pouvait s' élancer sur la proie qui venait imprudemment s'offrir. 



Vautours et burgraves de proie, les Zollern le furent obscurément pendant des siècles, comme tant d'autres rapaces, campés et fortifiés sur tous les rocs, sur tous les mamelons des pays rhénans, des Alpes à la mer.
Rauberitters, chevaliers voleurs, ravageurs du plat pays, détrousseurs des convois de marchands sur les routes, houspilleurs des voisins plus faibles et pilleurs des villes qui se laissaient surprendre, ils furent tout cela longtemps, obscurément, mais très fructueusement, car ils purent entasser dans leur bauge de rocs escarpés et de rudes • murailles, d'importantes richesses conservées avec une prudente économie, et dont ils surent toujours, au moment favorable, tirer bon parti.
Le nid du Vautour qu'on voit aujourd'hui, le château actuel de Hohenzollern, n'est qu'une reconstitution; c'est du gothique de 1850, plaqué sur les ruines du vieux burg détruit en 1423 par les troupes des villes de la Hanse, dans une expédition vengeresse contre les burgraves détrousseurs de la région.
Le burg tomba, mais le Vautour en était parti. Déjà il avait porté son vol plus loin et plus haut. 


(A suivre)

Liste des 16 H.T. coul. en tirés à part :
  • Le premier nid du vautour Hohenzollern p. 5
  • L'appétit de la pieuvre p. 9
  • Le Burgrave de Nuremberg p. 13
  • L' Allemagne lacrymogène p. 17
  • La ronde des fantômes p .21
  • Le flot rouge p. 29
  • Kultur-mensonge p.33
  • Kultur-Krupp p.39
  • La messe de Wotan p. 43
  • Le signal p.47
  • La mort allemande p. 51
  • Dumdumistes et tueurs d'officiers p. 53
  • La Croix de fer p. 55
  • L'amiral Torpillitz p. 57
  • L'Allemagne carnassière p. 59
  • Au muséum p. 61